Cruelle splendeur – Chapitre 5

Avertissement : Ce texte comporte des passages très explicites, mais sans aucune vulgarité.😉

Chapitre 5

Guy de Gisborne rentra à son tour au château lorsque la nuit commençait à tomber. Une fois de plus, il avait été ridiculisé par Robin et sa bande. Une fois de plus, le Shérif le rendrait responsable de tous ses problèmes. Une fois de plus, une fois de trop, Lady Marianne avait rejeté sa demande en mariage à peine déguisée en offre d’une profonde et fidèle amitié. Frustré, hors de lui, il pénétra dans ses appartements et claqua la porte, non sans avoir ordonné à ses gardes de ne le déranger sous aucun prétexte. Guy n’avait pas le courage, ni l’envie d’affronter la colère du Shérif dans l’immédiat. Il voulait avant tout calmer la sienne. Il arpenta la pièce de long en large, d’un pas vif, pour essayer de calmer le volcan qui grondait en lui, mais en vain. Sa colère n’était toujours pas retombée. Il le savait, il n’y avait qu’une chose qui pouvait apaiser sa fureur un tant soit peu dans ces cas-là. Une lueur mauvaise dans les yeux, Gisborne quitta ses appartements sous le regard blasé des gardes, qui en avaient vu d’autres.

Il longeait le couloir, normalement désert à cette heure, quand tout à coup, il aperçut au loin une silhouette familière s’avancer vers lui. C’était Marie, l’une des nombreuses domestiques du château. Elle était aussi sa maîtresse, ou plutôt, il se servait d’elle pour assouvir ses pulsions animales lorsqu’il en avait envie. Elle venait également d’apercevoir l’homme qui venait à sa rencontre. La peur commença à l’envahir peu à peu, mais elle ne pouvait pas fuir. Il était le maître ici et elle devait lui obéir.

Pourtant, il lui arrivait d’être bon avec elle. Parfois, Gisborne lui offrait même des petits présents, comme un ruban pour ses cheveux ou une corbeille de fruits. Une fois, une seule fois, il avait voulu lui donner de l’argent. Marie avait catégoriquement refusé, sans se préoccuper qu’elle pouvait payer cher le fait de lui désobéir. Elle l’avait supplié de lui laisser le peu de dignité qui lui restait. Elle ne voulait pas passer pour une moins que rien ou pire, pour une catin. Curieusement, il n’avait pas insisté. Elle avait eu l’audace de lui tenir tête et cela n’était pas pour lui déplaire. Et, coïncidence ou non, elle n’avait plus jamais été inquiétée par les gardes du château, qui prenaient un malin plaisir à tourmenter les domestiques, en particulier les jeunes et jolies femmes comme elle. Il avait dû donner l’ordre qu’on ne la touche pas.

Marie ne savait jamais à l’avance comment allaient se passer leurs entretiens, si l’on pouvait appeler comme cela les furtives étreintes quelquesfois charnelles, souvent bestiales, qui se déroulaient toujours dans les appartements de Messire Guy. Parfois, il lui arrivait d’être doux avec elle, tendre même, mais il pouvait aussi être brutal, surtout lorsqu’il était en colère. Et ce soir, il l’était, Marie le sut dès qu’elle arriva à sa hauteur.

Elle s’arrêta, lui fit la révérence et s’apprêta à continuer son chemin en espérant qu’il la laisserait partir sans l’avoir touchée. C’était tout d’abord son intention, car Marie ne faisait pas partie de ses plans. Mais brusquement, Gisborne changea d’avis. Elle s’apprêta à repartir lorsqu’il la stoppa net en lui attrapant le bras. Elle ne pouvait donc pas y échapper, aussi se résigna-t-elle en espérant qu’il ne se montrerait pas trop brutal cette fois-ci, compte tenu de l’état dans lequel il se trouvait.

Marie était prête à le suivre dans ses appartements, mais il ne bougea pas d’un pouce. Elle comprit alors qu’il voulait faire cela ici même. En tremblant, elle commença à délacer son corsage, mais Gisborne voulait tout autre chose cette fois-ci. Il recula de quelques pas et, tout en s’adossant au mur, il lui ordonna de s’approcher. D’un bref signe de tête, il lui fit comprendre ce qu’il attendait d’elle. Elle n’eut pas d’autre choix, elle devait lui obéir, même si ce qu’il exigeait d’elle la répugnait. Elle allait donc faire en sorte que cela soit rapide, qu’il prenne son plaisir et qu’ensuite, il la laisse enfin partir. Elle se mit à genoux devant lui et commença à défaire les lacets de son pantalon, en évitant soigneusement de lever les yeux sur lui. Elle ne voulait pas lui donner la satisfaction de voir que c’était contrainte et forcée qu’elle faisait cela. Froidement, Guy la regarda faire, mais lorsqu’elle le prit dans sa bouche, une toute autre lueur traversa son regard et il ne put retenir un gémissement rauque de sortir de sa gorge. Il passa une main derrière la tête de la jeune femme, sans même prendre le temps d’enlever son gant. Il voulait qu’elle le goûte davantage. Les yeux clos, il s’imaginait que c’était la bouche de Marianne, les lèvres de Marianne, la langue de Marianne qui lui donnaient du plaisir. Dans un souffle, il prononça son nom, mais sa voix n’était qu’un faible murmure qui se perdit dans le silence de la nuit. Ses doigts se crispèrent dans les cheveux de Marie lorsque enfin, il jouit. Il attendit quelques instants que sa respiration reprenne un rythme plus lent puis, sans un mot, il la congédia. Elle partit aussi vite qu’elle put, sans se retourner. Tout en se rhabillant, Gisborne réalisa que loin de l’apaiser, ce bref moment de plaisir avait augmenté sa colère et sa frustration.

Furieux, il rebroussa chemin pour se rendre dans la cour du château. Il croisa quelques gardes sur son chemin, mais il les ignora. Arrivé devant le puits, il posa ses mains sur le rebord et fixa le fond, le regard vide. Il faisait déjà nuit, mais la pleine lune éclairait parfaitement cet endroit. Il essaya de se calmer en prenant de longues respirations. Gisborne resta ainsi quelques minutes seul dans la nuit, sans bouger. Mais lorsqu’il releva la tête, il était toujours autant tourmenté. Il savait ce qui lui restait à faire. Jamais il n’aurait dû s’arrêter tout à l’heure.

Il quitta la cour du château et retourna à l’endroit où il avait croisé Marie. Au bout du long couloir, il descendit l’escalier en colimaçon d’un pas rapide. Plus il avançait, plus l’air se rafraîchissait à mesure qu’il se rapprochait des geôles. Un rictus cruel se dessina sur ses lèvres. Dans un instant, il pourrait apaiser la colère qui le rongeait. Il s’occuperait personnellement de l’un des prisonniers qui croupissait dans l’un des nombreux cachots du château. A son tour, il aurait l’occasion de faire du mal à quelqu’un de plus faible que lui.

Messire Guy arriva enfin au fin fond de l’enfer, tel que le Shérif aimait appeler ces lieux. Mais il y avait quelque chose d’étrange. Normalement, on entendait toujours les gémissements des prisonniers dans les cachots ou des hurlements lorsque l’un d’eux subissait des tortures. Mais là, tout était étonnamment calme dans les sous-sols sombres et humides du château. Il n’y avait aucun bruit. Il était seul dans ces lieux, avec pour uniques compagnes les lueurs des torches qui éclairaient à peine cet endroit lugubre.

De rage, Gisborne donna un coup de pied dans la grille qui fermait le cachot devant lui. Il allait rebrousser chemin lorsque soudain, il entendit un faible gémissement parvenir de la geôle. Il se rapprocha et regarda à travers les barreaux. Le sol était jonché de paille et ce qu’il avait pris pour un tas de foin recouvert d’une vieille couverture était en réalité une forme humaine, emmitouflée dans une cape. Il laissa ses yeux s’habituer à la semi-obscurité et réalisa que devant lui se tenait une jeune femme à moitié endormie. Réveillée brusquement par le bruit, elle s’était retournée sans toutefois ouvrir les yeux. Fasciné, il ne pouvait détacher son regard de cette silhouette gracile. On aurait dit un ange assoupi, mais un ange pour lequel il sentit soudain une bouffée de désir lorsqu’il aperçut sous sa robe sa poitrine se soulever au rythme de sa respiration. A cet instant, toute envie de torture avait disparue, en tout cas, pas celle dont il avait l’habitude. Cette fois-ci, il n’userait d’aucun instrument, il se servirait uniquement de ceux dont la nature l’avait doté. Guy ne voulait qu’une chose, posséder cette divine créature. Il ignorait tout d’elle, son nom et quel avait été son crime pour finir dans ces lieux sinistres.

Comme dans un rêve, il détacha le trousseau suspendu au mur et glissa lentement la clé dans la serrure. La grille s’ouvrit presque sans bruit, puis il pénétra à l’intérieur. Les brins de paille se brisèrent et crissèrent sous ses pas. La jeune femme, qui ne devait guère avoir plus de 18 ans, ouvrit finalement les yeux et fixa son doux regard émeraude sur son visiteur nocturne. Sans un mot, elle s’assit sur la paille, ramenant ses genoux devant elle et les entourant de ses bras. Le capuchon de sa cape retomba sur ses épaules, dévoilant ainsi une longue chevelure rousse, qui semblait encadrer son délicieux visage telles des flammes. Cette seule vision fit monter un nouvel élan de désir à Gisborne.

Toujours silencieuse, la jeune femme observait cet homme qui se tenait debout à quelques pas d’elle et qui la déshabillait du regard, un sourire cruel aux lèvres. Il semblait savourer cet instant avec délice. Si elle avait peur, elle n’en laissa rien paraître. Elle savait très bien qui il était. Messire Guy de Gisborne, le bras droit du Shérif, exécutant ses plus basses besognes. C’était un homme sans cœur, sans pitié, et elle était là, enfermée avec lui dans ce cachot, à sa merci. Malgré elle, la jeune femme ne put s’empêcher de détailler ce corps viril vêtu de noir. Il était physiquement bel homme, avec ses cheveux de jais et son regard azur perçant, qui ne cessait de parcourir la moindre parcelle de sa silhouette, comme s’il cherchait à en connaître chaque détail. Elle se surprit à se demander comment elle réagirait s’il l’embrassait là, tout de suite. Elle ne voyait pas ses mains, protégées par des gants en cuir. La jeune femme ne put empêcher un trouble de l’envahir peu à peu en les imaginant sur elle. Cet homme représentait un danger, mais elle ressentait en ce moment d’étranges sensations à son égard, qu’elle essayait de réfréner de toutes ses forces.

– Quel est ton crime ? Parle ! lui ordonna-t-il soudain, la tirant de ses pensées.

Elle s’apprêtait à lui dire qu’elle ignorait ce dont elle était accusée et que tout ce qu’elle savait, c’est que des soldats menés par un homme à l’allure sinistre l’avaient arrachée de force à son foyer et amenée ici. Mais ce fut d’autres mots qui sortirent de sa bouche, presque malgré elle.

– Je vous ai déjà vu une fois. L’homme en noir montant fièrement sa noire monture. Tout le monde vous craignait. Tout le monde… sauf moi.

Sa voix était douce, aussi pure que du cristal. Mais ce ne fut pas le ton utilisé qui fit que Guy la désirait davantage, mais ses mots. C’était comme si tout ce qui pouvait se passer en ces lieux lui était égal. A cet instant, il la voulait plus que tout au monde et il allait tout faire pour arriver à ses fins. Alors, lentement, froidement, il lui annonça que si elle voulait un jour revoir les siens, il fallait lui céder… ou mourir à l’aube. La jeune femme ne répondit pas. Il avait le pouvoir de vie ou de mort sur elle… et même pire encore. Mais ce sort-là était-il vraiment pire que la mort ? Elle n’avait pas compris que l’unique souhait de Gisborne était certes de la faire mourir… mais de plaisir.

Elle n’eut pas le temps d’articuler un seul mot, ni d’esquisser le moindre geste. Les quelques secondes qui passèrent avaient été celles de trop. Il prit son silence comme une acceptation. De toute façon, quelle qu’aurait été sa réponse, il l’aurait faite sienne, de gré ou de force. Tout cela, sans aucunement user de la violence comme à son habitude, mais en la faisant capituler sous ses caresses.

Lentement, il franchit les quelques pas qui le séparaient d’elle. Il porta sa main droite à sa bouche et tira sur le gant de cuir noir, ôtant ainsi tout obstacle entre sa propre peau et celle de la jeune femme, sans détacher ses yeux d’elle. Sa respiration était rapide, presque haletante. Rapidement, il se débarrassa de son autre gant. Il n’en pouvait plus d’attendre, il brûlait d’envie de la sentir contre lui. Debout devant elle, il lui tendit la main, que la jeune femme prit sans la moindre résistance, comme si elle s’était résignée à son sort. Fou de désir, Guy l’attira brutalement vers lui, plaquant son corps contre le sien et s’empara de ses lèvres, l’embrassant avidement, insinuant sa langue dans sa bouche pour en goûter la moindre saveur. D’une main, il enlaçait la taille de la jeune femme tandis qu’il laissait errer l’autre sur son corps. A ce contact, elle sentit une douce chaleur l’envahir. Timide d’abord, elle se laissa aller et répondit à ce baiser avec la même ferveur, osant même glisser une main derrière sa nuque, caressant ses cheveux de l’autre.

A regret, il délaissa cette bouche pulpeuse et laissa glisser ses lèvres brûlantes le long de son cou d’ivoire. Sa peau était si douce, elle dégageait un parfum enivrant, une odeur de violette qui rendit Gisborne totalement fou. Elle rejeta la tête en arrière, lui offrant davantage sa gorge, en poussant un petit gémissement. Elle portait un ruban de velours rouge autour du cou, qu’il s’empressa d’enlever, ne voulant sentir aucun obstacle entre sa bouche et la peau de la jeune femme. Les yeux fermés, elle succombait à ces sensations nouvelles qu’elle n’avait encore jamais éprouvées auparavant tandis que du bout de sa langue, il dessinait des arabesques le long de sa gorge. Il releva ensuite la tête et entreprit de délacer la robe de la jeune femme, aussi rapidement que ses doigts agiles le permettaient. Presque brusquement, il fit glisser le vêtement jusqu’à la taille, impatient d’en voir davantage. Il contempla quelques instants ce corps à moitié dénudé. Ses seins étaient parfaits, tels qu’il se les était imaginés. Il voulait à présent les sentir contre son torse.

Fébrilement, il se débarrassa de son manteau de cuir qu’il fit tomber à ses pieds. La veste et la chemise qu’il portait subirent le même sort. Pendant qu’il se déshabillait, la jeune femme contempla à son tour le torse parfaitement musclé de son compagnon. Enfin débarrassé d’une partie de ses vêtements, Gisborne passa ses bras autour d’elle et la serra fort contre lui, pour lui signifier l’ardeur de son désir. Il voulait sentir sa chair s’imprimer dans la sienne. La jeune femme devina soudain sa dure virilité contre sa cuisse. Elle se mordit la lèvre de satisfaction en réalisant l’effet qu’elle lui produisait. Il la tint ainsi enlacée un long moment, son regard azur semblant la dévorer des yeux. Il souhaitait ardemment qu’elle le touche, qu’elle pose ses fines mains sur lui.

La jeune femme comprit le message. Elle passa une main derrière lui et lentement, avec une exquise sensualité, elle laissa glisser son pouce le long de son dos en commençant par la nuque. Il sentit comme une décharge lui traverser le corps. Elle constata non sans en retirer un certain plaisir que ce geste l’avait troublé au plus haut point. Puis, de ses doigts, elle effleura sensuellement son torse, percevant les vifs battements de son cœur lorsque sa main passa à cet endroit. Il la regarda faire, savourant avec délice ses douces caresses. Soudain, mue par une irrésistible envie, elle prit ses mains pour les plaquer ensuite contre sa poitrine. Elle poussa un langoureux soupir au contact de ces mains viriles qui enveloppaient ses seins. Guy les caressa fougueusement. Ils étaient chauds, tendres, sa peau était si douce, pareille à de la soie. Il sentit les pointes se durcir à mesure que ses doigts se faisaient plus sensuels. Comme en transe, c’est à peine si elle se rendit compte qu’il avait fait glisser sa robe à ses pieds, qu’elle était à présent entièrement nue et qu’il avait maintenant entrepris d’explorer le reste de son corps. Chaque nouveau baiser de son amant rendait sa respiration de plus en plus haletante. Il se mit à genoux devant elle, laissant lentement glisser ses mains de sa poitrine jusqu’à l’endroit qu’il désirait ardemment rejoindre. Fascinée, elle contempla ses mains qui descendaient le long de son corps, laissant sa peau brûlante. Elle remarqua sa blessure à la main droite, qui semblait très récente.

Un cri sortit de sa gorge, qui se transforma en long gémissement de plaisir lorsque les lèvres de Gisborne atteignirent la partie la plus sensible de son être. Elle avait l’impression que de la lave en fusion coulait dans son bas-ventre. Plaquée contre la grille du cachot, elle se cramponna aux barreaux, tentant de calmer ce feu qui brûlait en elle, essayant de maîtriser les convulsions qui s’emparaient de son corps, tandis que de sa langue, il lui procurait les plus exquises et délicieuses des caresses. Elle gémit de plus belle, se laissant aller, car elle comprit qu’il était inutile de lutter contre ces émotions qui lui retournaient les sens. La jeune femme se cambra un peu plus vers lui, goûtant avec délice le contact de la joue de son amant contre sa cuisse lorsqu’elle fit glisser sa jambe droite derrière son épaule. Guy la sentit alors s’abandonner totalement à ses caresses tandis qu’il lui faisait passionnément l’amour. Il ressentit une certaine fierté en la voyant se donner à lui sans la moindre retenue et réalisa que c’était l’une des rares fois où il s’occupait à combler d’abord sa partenaire avant de penser à son seul plaisir. Il passa un bras autour de sa jambe sans cesser de la satisfaire avec sa bouche. Pendant que ses lèvres exploraient avidement ce trésor caché, elle passa avec une infinie tendresse une main dans les cheveux de son amant. Ce simple geste fut pour lui la plus délicieuse des récompenses. Elle voulait que ce moment de pure extase ne finisse jamais, mais elle attendait impatiemment l’instant où, d’un ultime et voluptueux coup de langue, il allait enfin apaiser ce feu qui la consumait.

Lorsque Gisborne sentit que la jeune femme était prête, il délaissa à regret ce paradis qu’il était en train de savourer. Tout en laissant glisser sensuellement ses doigts le long de sa jambe, il se releva et, tout en plongeant son regard dans le sien, il ôta le reste de ses vêtements. Troublée, elle le contempla tandis qu’il se déshabillait, les lèvres entrouvertes, le souffle court, le suppliant du regard de la faire sienne maintenant. Elle ne pouvait plus attendre, elle brûlait d’envie qu’il prenne possession d’elle. Puis, lorsqu’il fut entièrement nu, il la fit doucement glisser sur la paille avant de s’allonger sur elle. Elle s’ouvrit comme une fleur au soleil, prête à l’accueillir.

Les yeux mi-clos, c’est à peine si elle prit conscience de la brève douleur qui la traversa lorsqu’il vint enfin en elle. Son corps se crispa pendant quelques secondes. Surpris, il la regarda et lorsqu’elle ouvrit les yeux, il comprit ce que cela signifiait. A cet instant, il venait de faire d’elle une femme.

– Ne… vous… arrêtez… pas…, l’implora-t-elle dans un souffle.

Guy s’exécuta avec délice, allant et venant en elle, d’abord doucement, puis en accélérant le rythme. Elle ondulait son bassin, suivant les mouvements de son amant et enroula ses jambes autour des ses hanches pour le sentir davantage en elle, voulant qu’il l’explore encore plus profondément. Elle s’agrippa à ses épaules puissantes, les lèvres tremblantes, attendant le point culminant de leurs ébats où elle serait enfin totalement comblée. En sentant cet instant tout proche, il eut soudain une irrésistible envie d’entendre à nouveau sa voix cristalline.

– Mon nom… Prononce mon nom, lui souffla-t-il d’une voix rauque.

– Guy… de… Gisborne, parvint-elle à articuler entre deux gémissements.

Au même moment, il jouit en elle et un ultime cri de plaisir s’éleva dans la pièce. Comblé, enfin apaisé, il laissa retomber sa tête sur l’épaule de la jeune femme, tandis qu’elle enfouissait son visage dans son cou. Ils restèrent quelques instants dans cette position, puis Gisborne se laissa glisser sur le dos avant de la ramener vers lui. Elle se blottit davantage contre son amant en poussant un soupir de plaisir. En souriant, elle tendit une main et lui caressa tendrement la joue avant de l’embrasser. Elle prit ensuite sa main meurtrie dans la sienne avant de la porter à ses lèvres. Il lui rendit son sourire et réalisa que cela faisait une éternité qu’il n’avait pas été aussi serein. Ils s’endormirent ainsi, épuisés, heureux…

Quelques heures plus tard, Gisborne ouvrit les yeux et un sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu’il repensa à la nuit qu’il venait de passer. En ne sentant plus la douce chaleur de la peau de la jeune femme contre lui, il se tourna vers elle, mais celle-ci avait disparu. A la place de ce corps à qui il avait donné du plaisir et qui lui en avait procuré en retour, il trouva le ruban de velours rouge qu’elle portait autour du cou.

Il le prit dans sa main et soudain, des images de leur nuit torride lui revinrent en mémoire. Elle était partie, mais il se rappelait de tout.

Son baiser…

Son sourire…

Son parfum.

Son premier réflexe fut de se lever pour la chercher. Il réalisa soudain l’incongruité de la situation. Tout d’abord, il se retrouvait entièrement dévêtu dans un cachot et ensuite, il se rendit compte que si la jeune femme s’était totalement abandonnée à lui cette nuit-là, allant jusqu’à lui offrir son bien le plus précieux, il ignorait la chose la plus importante : son nom. Pour un peu, il en aurait ri. Mais pour l’instant, il fallait qu’il quitte les lieux au plus vite. Il ne pouvait pendre le risque que les gardes le surprennent dans cet endroit et dans cette tenue. Et ce que le Shérif en penserait, il ne voulait même pas y songer. Il se rhabilla à la hâte, en regardant précautionneusement autour de lui afin de s’assurer qu’il n’avait rien oublié, surtout pas le précieux ruban, seul souvenir qui prouvait qu’il n’avait pas rêvé. Guy le noua autour de son poignet gauche. Personne ne saurait qu’il se trouvait là, car il ne quittait presque jamais ses gants et de toute façon, la manche de sa veste cacherait le précieux trésor qu’il chérissait déjà. Il réalisa non sans une certaine surprise qu’il devait absolument la retrouver, tout son être le lui ordonnait. Il avait savouré le fruit le plus exquis, le plus délicieux qui soit, comparable au mets le plus délicat et maintenant qu’il y avait goûté, il se rendit compte qu’il ne pourrait plus jamais s’en passer. Lorsqu’il fut enfin prêt, il ferma la porte du cachot à clé et remit le trousseau à sa place avant de quitter cet endroit.

A suivre…

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12 Responses to Cruelle splendeur – Chapitre 5

  1. Hi April,
    I look forward to reading this.
    Cheers! Grati ;->

  2. claire93 says:

    je sais que Buy est un “méchant” mais là tu nous montre son côté sensible et sensuel, et je trouve qu’il est de plus en plus sympa ^^

    • april73 says:

      Merci pour ton commentaire Claire.

      Oui, je le rend un peu plus “gentil”, mais j’essaie quand même de garder l’esprit de la série et de ne pas en faire un “Guy au pays de Disney” où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, lol.

  3. Pingback: Legenda 26: Stuff worth reading (the get caught up after travel edition) « Me + Richard Armitage

  4. tu as un talent certain d’écriture miss !… mais c’est vrai que l’inspiration vient aisément avec certains personnages…lol

    • april73 says:

      Merci pour ton compliment Joane.🙂

      Tu as raison, l’inspiration vient très facilement avec certains personnages.😉

      Je ne serais pas capable de faire la même chose avec tous les autres personnages joués par Richard.

  5. kathryngaul says:

    Hi April…is it possible to read your fanfic in English, please? Sorry, my French leaves much to be desired so I decided not to insult your language by attemting to write in it! Regards, Kathryn

    • april73 says:

      Hi Kathyngaul. You can write comment in English, it’s ok.

      I’m sorry, I have not writen my story in English, only in French. I can speak English (not perfectly lol) and write in English, but my level in writing is not good enough to write an entire story in Shakespeare’s language.

      You can read it by using Google Translation. I know that Bccmee and Gratiana have done so.

      I have tested this translator for the chapter 5 and I think the story is understable with it, although the translation has some mistakes. For example, the confustion between “her” and “his”.😉

  6. This is my girl! Your imagination brings us Guy as the-glorious-god-of-sex that HE IS!!!
    April, you left me breathless!

    So, he experienced a momentary glimpse of passion and now he feels better, but life is always the same frustrating routine for him.
    Something has to happen! Can’t wait to read your next installment.

  7. april73 says:

    Thanks for your lovely comment Carla. I’m happy that you like this chapter.🙂

    I don’t know why, but in all the fics that I have read about Guy of Gisborne, he is a sex god, lol.

    Perhaps something about his leather clothes, lol.

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